Le tourisme doit se responsabiliser
Posté par L'équipe voyageur-responsable le Mercredi 25 juin, 2008
Par Pascal Languillon
Le tourisme est la première industrie mondiale : le secteur touristique représenterait aujourd’hui plus de 200 millions d’emplois, soit 8 % des emplois dans le monde ! Avec plus de 733 milliards de dollars de dépenses en 2007, il est un formidable moyen de développement économique, dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud. Ce qui frappe, pourtant, c’est la vitesse de développement d’une industrie dont la taille est censée presque doubler dans la prochaine décennie, selon les prévisions de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT, voir figure ci-dessous) : de 898 millions de touristes en 2007, on devrait passer à 1,6 milliards en 2020.
Ce développement démesuré est tout autant porteur d’espoirs que de questionnements. On pense bien sûr aux conséquences du tourisme sur le réchauffement climatique, à la bétonisation des côtes…et il ne faut pas oublier non plus que le tourisme est malheureusement souvent vecteur de déséquilibres économiques au sein des destinations (où le luxe côtoie l’extrême pauvreté), voire vecteur de troubles sociaux et culturels (on parle même parfois d’acculturation : les populations visitées oubliant leurs traditions pour s’occidentaliser).
Il faut se rendre à l’évidence : si les prévisions de l’OMT se vérifient, les impacts négatifs du tourisme seront encore plus importants demain qu’ils ne le sont aujourd’hui. On risque également d’arriver à un pic de l’industrie du tourisme, tout comme il existe un pic pétrolier : une fois que la neige aura complètement disparu du toit du Kilimandjaro et que la grande barrière de corail d’Australie aura perdu son éclat, aurons-nous vraiment des raisons de vouloir parcourir le monde ?
Il est donc grand temps pour toute l’industrie du tourisme de se responsabiliser si elle veut assurer sa survie à moyen et long terme, d’une part, et si elle veut d’autre part relever les grands défis du XXIème siècle : la lutte contre la pauvreté et contre les grandes pandémies, et la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité. Le tourisme doit ainsi pouvoir s’insérer dans un processus de mondialisation à visage humain, avec une plus juste répartition des richesses. Une chose est sûre : il y a vraiment urgence. A vous de jouer, transporteurs, hébergeurs, voyagistes et voyageurs !
Un autre expert réagit : Ugo Toselli, chargé du tourisme responsable au Comité21
Ugo Toselli, Chargé de projets Tourisme durable, au Comité 21, le Comité Français pour l’environnement et le développement durable.
2) Et quel votre avis l’article ci-dessus ?
S’il est vrai que la filière touristique est de plus en plus interrogée voire dénoncée quand à son manque de transparence sur les enjeux environnementaux et sociaux, il ne faut pas oublier le rôle des territoires et des pouvoirs publics. Il n’y aura de tourisme durable sans une action concertée entre toutes les parties prenantes. De l’aménagement du territoire jusqu‘à l’élaboration d’une offre plus responsable, les destinations commencent elles aussi à mettre en place des schémas de développement touristique cohérent avec le développement durable.
3) Et vous ? Comment voyagez-vous responsable ?
En tant que voyageur, mon engagement se traduit par des actions simples. Si elles sont conditionnées par des entrées environnementales ou sociales, elles le sont surtout par la satisfaction de mes attentes en tant que touriste ! Et ça marche ! Pour des destinations à moins de 4 heures de mon point de départ, je ne me déplace qu’en train. C’est souvent plus confortable et très rapide. Je choisis une offre d’hébergement en fonction du rapport qualité/prix tout en m’informant sur ses actions environnementales et sociales. A prix quasi équivalent, c’est un bon moyen pour s’assurer de la qualité d’une offre. Ces informations peuvent venir d’un label reconnu. Je privilégie aussi les offres qui me feront découvrir les richesses, les savoir-faire et les patrimoines locaux. Dans le cas où l’avion est incontournable, je compense mes émissions de CO2 en choisissant un prestataire sérieux qui m’informe concrètement sur les projets financés par mon don. Et dans ce cas, je privilégie bien sûr un séjour de longue durée. Pendant le voyage ma philosophie est simple : je vis et pense local.



Le 28 juin 2008 à 20:19
Le tourisme doit se responsabiliser ? De toute façon il n’aura pas le choix …
Voyager va devenir un luxe !
Je conseille souvent cette vidéo de Yann Arthus-Bertrand
http://www.tourismes.tv/index.php?lv=4&level1=2&level2=9&level3=139&num_vid=408
Le 1 juillet 2008 à 9:19
Bonjour,
je vous invité à écouter Yves Godeau, Président d’ATR, Association pour un Tourisme Responsable dont l’Association est liée aux Trophées organisés par voyages-sncf.com.
Yves Godeau expose clairement en quoi le Tourisme est intimement lié aux trois piliers du Développement Durable :
http://les5sensselonchristian.typepad.com/le_blog_du_monde_selon_ch/2007/09/atr.html