Les différentes notions du tourisme responsable : et vous, qu’en pensez-vous ?
Posté par Un voyageur responsable le Mercredi 18 juin, 2008
Tourisme durable, tourisme responsable, tourisme équitable, tourisme solidaire, écotourisme, tourisme éthique, écovolontariat, voire même maintenant tourisme éco-solidaire et éco-responsable… Une plainte récurrente des voyageurs et professionnels qui souhaitent s’intéresser au tourisme responsable est le nombre de notions qui gravitent autour de ce thème, et surtout les frontières floues qui semblent exister entre ces différentes notions, ce qui a pour conséquence de brouiller les pistes et de rendre le secteur pour le moins indigeste au premier abord. Il est vrai que cette surenchère de termes peut paraître un peu stérile, même si chaque mot est porteur de sens et qu’il existe des subtilités qu’on ne peut pas ignorer !
Voici un petit glossaire qui va vous permettre de mieux vous y retrouver :
Tourisme durable et tourisme responsable sont des synonymes : ce sont les termes chapeaux qui englobent tous les autres, et qui s’appliquent à toutes les branches de l’industrie du tourisme (balnéaire, montagne, rural, luxe, etc.). Le tourisme responsable est un tourisme qui participe au développement des populations et des territoires d’accueils au Nord comme au Sud tout en contribuant aux enjeux du XXIe siècle : lutte contre les changements climatiques, protection de la biodiversité et des milieux fragiles et lutte contre les atteintes aux droits humains. La notion de tourisme éthique est également synonyme.
Tourisme équitable : Le tourisme équitable permet aux populations locales (du Sud) de tirer davantage de bénéfices socio-économiques du tourisme, car il est développé par ou au minimum avec elles, dans le but d’améliorer leurs conditions de vie.
Tourisme solidaire : Selon l’ATES (lien vers www.tourismesolidaire.org), le tourisme solidaire regroupe les formes de tourisme alternatif qui mettent au centre du voyage l’homme et la rencontre et qui s’inscrivent dans une logique de développement des territoires. L’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées sont les fondements de ce type de tourisme.
Ecotourisme : Voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien être des populations locales. Il se pratique seul ou en petits groupes.
Ecovolontariat : Missions de bénévolat dont le but est de soutenir des actions de recherche et de protection de l’environnement, directement sur le terrain, en présence des professionnels (botanistes, océanologues, etc.)
Nous espérons que vous y voyez plus clair maintenant. Selon nous, il est important de comprendre que toutes ces notions sont de la même famille, et que les actes comptent toujours plus que les mots ! A vous de nous donner votre perception de ces différents termes !
Un autre expert réagit : Julien Buot, coordinateur de l’ATES
1)Mais…qui êtes-vous?
Je m’appelle Julien BUOT et j’ai succédé à Sandrine BOT en janvier dernier au poste de coordinateur de l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES), premier réseau national des voyagistes du tourisme équitable et solidaire. Je suis également membre du Réseau Archimède Maisons du Monde et de la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable.
2) Et quel votre avis sur les différentes notions du tourisme responsable ?
Je suis de l’avis qu’il existe divers degrés d’engagement dans l’éthique du tourisme et que l’ensemble des acteurs de la chaîne du voyage (voyageurs, voyagistes, agents de voyage, pouvoirs publics et populations des territoires visités) doit être impliqué dans un modèle de développement durable du tourisme.
Je m’inspire de la pyramide de Bernard SCHEOU, universitaire spécialisé sur le tourisme équitable, pour présenter comme suit les diverses formes alternatives de tourisme.
3) Et vous ? Comment voyagez-vous responsable ?
Je m’informe sur la destination, je suis curieux de connaître et d’apprendre toutes les facettes d’un territoire et de son environnement, tant naturel que culturel et humain. Je crois à la devise d’ATR : « un mauvais voyageur est un voyageur mal informé ! ».
Mais je pense aussi que ce n’est pas suffisant et que les voyageurs doivent prendre conscience de l’opportunité de développement durable que représentent le tourisme équitable mais aussi de la richesse des échanges avec la population permis par les voyages solidaires. Je peux en témoigner de par les séjours que j’ai effectués non seulement en Afrique du Nord mais aussi en Europe orientale.

Le 19 juin 2008 à 12:15
De nationalité chilienne. Avec une formation anthropologique-philosophie, depuis quelques années je me suis attaché au tourisme autant que guide, aujourd’hui je suis en train de créer une petite agence de tourisme plutôt culturelle. Très intéressé au sujet qui vous signalé dans cet article, mais je me pose comme même la question par rapport à l’Amérique latine et toutes les grandes communautés indiennes, que avec le passage d’une grande quantité des touristes, sont vraiment à l’écart de tous ces projets et ne touchent rien des revenus. Devraient-elles les agences de tourismes concernés chercher une manière de mieux intégrer ce mode vie là-bas et de ceux qui sont responsables de mettre en place les circuits? Comment surveiller à tout cela?
Je ne sais si je me suis bien exprimé, mais je suis comme même intéressé au sujet. Merci
Le 24 juin 2008 à 14:44
Bonjour, je voulais vous faire part d’une initiative que je trouve intéressante :
voici 4 ans (voir l’album photo Mali sur mon blog), je suis partie en Pays Dogon au Mali pour une rando de 15 jours avec La Balaguère.
Chaque participant verse 30 € pour associer les habitants des villages traversés à l’éco tourisme : cet argent sert à financer la construction d’une maison où les randonneurs logent.
Pour les randonneurs, les nuitées sont d’un coût plus modique que l’hotel.
Pour les habitants, le prix des nuitées est versé à l’ensemble du village qui bénéficie donc directement du passage des touristes.
Rassurez vous, ce n’est pas l’invasion de français, juste des petits groupes de 10 à 12 donc cela permet des contacts personnels.
En plus les porteurs qui nous accompagnent sont de ces villages, et à la fin de la rando, c’est sympa d’aller voir chez eux comment cela se passe au quotidien.
Une formule à étendre, d’autant qu’en général en rando les gens sont respectueux des populations et de la nature, et que marcher rend humble.
Le 24 juin 2008 à 15:28
intéressant
Le 9 juillet 2008 à 2:26
Bonjour Startine, j’aime particulièrement ton initiative. On y retrouve effectivement une belle notion de respect envers les populations. Bravo