Du solidaire à l’agréable…

Posté par Un voyageur responsable le Mercredi 16 juillet, 2008

Tourisme responsable, équitable, solidaire, éthique… on s’y perd tous ! 

C’est décidé 2008 sera pour moi l’année des vacances responsables ! Je pars donc en famille au Maroc pour une semaine de trek solidaire….Mais voyager solidaire, kesako ?

C’est tout d’abord un voyage qui a du sens : les rencontres sont au cœur même des voyages solidaires.

Nous randonnons la journée dans des coins magnifiques éloignés de tout (surtout des zones touristiques !) et nous dormons chez l’habitant.

Lors des premières soirées, nous éprouvons un certain mal-être : nous arrivons chez les gens, envahissons leur espace privé, nous nous émerveillons face à cette ‘authenticité’ alors qu’ils aspirent certainement à autre chose… La communication n’est pas toujours évidente (j’ai beau essayé d’apprendre quelques mots en berbère !) et les anciens sont toujours un peu méfiants… Ils se disent certainement que nous sommes fous : quelle idée de marcher des heures durant (si ce n’est pas pour chercher de l’eau), et de payer en plus!!

Peu à peu, nous avons fait des rencontres extraordinaires : un imam herboriste qui découvre les huiles essentielles, des petites filles pleines de vies avec qui on dessine et on fait des avions en papier, des femmes qui nous acceptent dans leur cuisine pour déplumer le poulet et éplucher les légumes (on a regretté nos économes !), des muletiers qui nous bluffent avec leurs jeux de logique (tout d’un coup, on se rappelle que ce sont les arabes qui ont inventé les maths !!!), un guide à nos petits soins, curieux et attachant…Les relations sont l’huile de l’humanité, dira un de mes compatriotes.

On évite au maximum de faire des gaffes : on demande la permission avant de prendre des photos et on les envoie aux familles à notre retour, rien ne leur fera plus plaisir ! On donne les cadeaux pour les enfants au père de famille et on joue avec eux. On ne donne rien dans la rue (stylo, bonbon..), on demande à l’institutrice quels sont les besoins, elle se chargera de répartir le tout équitablement.

Mais le tourisme solidaire, c’est avant tout une passerelle vers le développement local :

Le projet touristique doit être défini et géré dans la mesure du possible par les habitants. Ces derniers doivent bénéficier pleinement des retombées de l’activité touristique : les achats sont faits localement, les habitants sont rémunérés équitablement… Le réceptif doit être très vigilant car cet équilibre est parfois très fragile ! Il est prévu par exemple de changer de famille et de muletier lors de chaque passage afin d’éviter toute dépendance et jalousie.

Le réceptif consacre également 6% du prix payé par les voyageurs au développement local de la région, cet argent est reversé à l’association Tazouta qui gèrent un internat pour jeunes filles et offrent des microcrédits.

Le volet environnemental ne doit pas être oublié : un tel voyage limite vertigineusement la consommation d’eau (normal l’eau courante n’est pas au rv !!), 5 litres par personne et par jour au maximum contre plus de 200 dans une grosse structure hôtelière ! On privilégie les lotions respectueuses de l’environnement lors d’un passage très agréable aux sources chaudes. Les déchets sont eux-aussi très limités en comparaison au kilo de déchets jetés chaque jour en France, et on ramène les poubelles à Fès. Les Marocains, encore peu sensibilisés au respect de l’environnement, nous prennent pour des fous !

Bref, un voyage solidaire qui restera graver dans nos mémoires et que je vous recommande vivement ! On revient différent d’une telle aventure humaine (et aussi physique !), on relative sur nos petits soucis, on apprécie les petits plaisirs…

Merci à Terres Berbères, le réceptif qui a organisé ce voyage et se mettra en quatre pour organiser le vôtre !



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