Suivez Patricia, Lauréat du Trophées du Voyage Humanitaire…
Posté par Un voyageur responsable le Mardi 8 juillet, 2008
Communiquer avec l’île aux Nattes (nord est de Madagascar) n’est déjà pas chose facile en temps normal (impossible d’envoyer par internet autre chose que du texte, les photos saturant le réseau…), mais après le passage d’un cyclone, je pensais bien que c’était encore moins aisé : 90% de l’île avait été détruits…
Ma première réaction a donc été de chercher en France des associations susceptibles d’intervenir dans cette région de Madagascar et de me renseigner sur la situation de l’orphelinat. Quelle chance ! Je tombais sur le site de « Malagasy35 », une association de Bretons qui s’occupe très activement de l’île aux Nattes, de l’île Ste Marie et des régions voisines du continent malgache. J’ai donc contacté par téléphone la présidente de l’association pour lui exposer le projet …et lui parler du prix des Trophées…Sa surprise était presque aussi grande que la mienne lorsque Christelle m’avait appelée pour m’annoncer que mon projet était sélectionné !
Ayant déjà travaillé avec l’orphelinat et connaissant bien sa fondatrice, Euphrasie, une Malgache de 50 ans, les Bretons ont pu la contacter via des « relais » basés sur l’île et disposant d’internet (restaurateurs et amis) afin de faire le point de la situation avec elle. Il allait de soi qu’Euphrasie n’avait pas attendu que je vienne avec mon projet (dont elle n’avait d’ailleurs pas connaissance !) pour chercher des fonds afin de réparer l’orphelinat…et les travaux avaient déjà bien avancé : un budget de l’ordre de 10 000 euro (dons venus de France par l’intermédiaire de « Malagasy 35 » et d’autres associations ou donateurs privés) avait notamment permis de refaire le toit de l’orphelinat, le poulailler et une partie de l’école dédiée aux orphelins. Je suggérais donc de financer la rénovation de bungalows en bois, également détruits par le cyclone, et loués aux touristes pour financer le fonctionnement de l’orphelinat…Mais entre temps, des promoteurs avides de gains avaient décidé de « récupérer » le terrain (on est à Madagascar…) pour construire des hôtels qui n’apporteront aucune ressource financière à l’orphelinat…Panique à bord : comment assurer alors des revenus à Euphrasie pour nourrir ces enfants dont elle a la charge ? La pérennité de l’orphelinat ne risquait-elle pas d’être compromise ?
Encore une fois, l’expérience des Bretons de Rennes a été bien utile : ils avaient connaissance d’une vieille maison en mauvais état, attenant à l’orphelinat et appartenant à Euphrasie. L’idée évoquée avec Euphrasie fut alors de rénover cette bâtisse afin de la transformer en résidence de chambres d’hôtes…Projet accepté à l’unanimité !
Restait alors pour moi le souci de participer activement à tous ces travaux (devis, suivi des travaux, reportage sur la réalisation…) en allant sur place, consciente malgré tout des contraintes liées à mon poste de Secrétaire Général dans une PME de Lyon, poste qui ne permet pas de m’absenter plus de 2 semaines pour partir à Madagascar…surtout après un congé annuel de 3 semaines…que je vais de ce fait abréger…
C’est alors que la chance me sourit de nouveau : avant de participer aux Trophées, nous avions monté en famille un projet pour aider Madagascar. Au retour de 15 jours de vacances avec nos 4 enfants sur cette Grande île en août 2006, nous avons décidé de faire un livre (Les enfants de l’île rouge) pour financer la construction d’écoles dans ce pays qui compte plus de 60% d’analphabètes. En moins d’un an, nous avons auto financé le projet en lançant des souscriptions et vendu près de 4000 exemplaires, ce qui représente un bénéfice de l’ordre de 55 000 € permettant d’envisager la construction de 4 écoles (2 seront d’ailleurs inaugurées les 15 et 18 octobre 2008). Une agence de voyage à qui l’un des partenaires du livre en avait offert un exemplaire nous offrait 4 billets d’avion pour Madagascar ! Seules contraintes : des dates fixes sur juillet, et des volontaires à trouver en moins de 24H00….J’ai évidemment contacté mes Bretons pour leur demander s’ils voulaient bien se dévouer…Ce qu’ils ont accepté, permettant ainsi de démarrer dès juillet les travaux qui, en fonction du budget, devraient avoir bien avancé lors de ma venue en octobre. Quelle chance d’avoir dans cette association des retraités qui connaissent l’orphelinat et qui sont disponibles ! Deux billets d’avion étaient ainsi attribués…Les deux autres ont fait le bonheur d’une maman Malgache et de sa fille qui n’avaient pas revu leur famille et leur pays depuis 10 ans (faute de moyens financiers) et qui allaient ainsi réaliser un de leur rêve…Emotion de ces deux femmes qui pleuraient de joie à l’idée de ce voyage inattendu.
Prochaine étape : avant le départ des Bretons le 13 juillet, nous ferons un point sur les travaux à commencer. Durant leur séjour, ils feront réaliser les devis nécessaires et assisteront peut-être au démarrage des travaux.
A leur retour fin juillet, nous ferons un point de la situation…et nous suivrons au coup par coup, au bon vouloir des liaisons internet et des caprices du réseau, l’avancement des travaux.
Mais je sais qu’un suivi à distance n’est pas facile…et il y a toujours des risques de malfaçons…Bien évidemment, le solde des travaux ne sera payé qu’après constatation des réalisations et de leur conformité par rapport au devis (ce que je ferai en octobre) …mais sait-on jamais…
J’ai à la fois hâte d’être sur place tout en redoutant les mauvaises surprises…Mais soyons optimistes…Il peut aussi y en avoir de bonnes !
VELOMA (au revoir) et à bientôt !
Patricia GROS MICOL
