La Compensation carbone : un outil de lutte contre le réchauffement climatique.

Posté par L'équipe voyageur-responsable le Mercredi 3 septembre, 2008

Par Pascal Languillon

Que ce soit sur la route ou dans les airs, les émissions de CO2, responsables du réchauffement climatique, sont directement proportionnelles à la quantité de carburant consommée. L’écocomparateur développé par www.voyages-sncf.com avec l’aide de l’ADEME permet au voyageur, outre de vérifier quel est le mode de transport le plus économique, de connaître le nombre de tonnes de CO2 émises pour un trajet donné, que ce soit en train, en avion, ou avec sa voiture personnelle. On y apprend des choses surprenantes, comme par exemple qu’en conduisant seul son véhicule entre Paris et Nice, on émet davantage de CO2 (avec un « poids climatique » de 373 kgCO2) que si on prenait l’avion (« poids climatique » de 206kgCO2). Pour ce type de trajet, à partir de 2 passagers, prendre la voiture est moins polluant que de prendre l’avion. Bien évidemment, le moyen de transport qui émet le moins de CO2 est le train (propulsion électrique).

Nous savons donc aujourd’hui estimer les émissions de CO2 imputables par personne et par trajet : c’est ce qui a donné l’idée à des associations de proposer aux voyageurs de « compenser » ces émissions en faisant un don d’une petite somme, qui cumulé avec celui d’autres voyageurs consciencieux, va servir à financer des actions de protection du climat à long terme. Citons par exemple le recyclage des ordures ménagères et la fabrication d’un compost à usage agricole à Madagascar, afin d’éviter les émissions de méthane (qui est un gaz à effet de serre) liées à la fermentation des déchets urbains de la ville de Mahajanga : La réduction des émissions de gaz à effet de serre à Madagascar est ainsi rendue possible grâce à la contribution des voyageurs.

A titre d’exemple, lors d’un vol aller retour Paris – New York, un passager émet en moyenne 2,5 tonnes de CO2, ce qui se traduit par le versement volontaire d’une somme de 38 € à l’Association Action Carbone afin de financer les actions de protection du climat. On peut aujourd’hui compenser ses émissions sur le site de www.voyages-sncf.com bien sûr, mais également celui des compagnies aériennes Air France ou EasyJet. Des tours opérateurs et de nombreuses autres entreprises se sont engagés à compenser tous les déplacements de leurs collaborateurs, et, petit à petit, les consommateurs s’y mettent. Le site internet www.compensationCO2.fr donne toutes les informations utiles sur le principe et les acteurs de la Compensation Carbone. Et vous, êtes-vous prêts à compenser vos émissions ?

Un autre expert réagit : Virginie Rogez

1)    Mais…qui êtes-vous?

Je suis un tailleur de pierre, pardon, je construis une cathédrale ! Plus précisément, je suis Virginie ROGEZ, la cathédrale c’est la lutte contre la menace climatique et la pierre à l’édifice c’est le programme Action Carbone de l’association GoodPlanet où nous travaillons sur l’évaluation, la réduction et la compensation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

2) Et quel votre avis sur l’article ci-dessus?

Il est triste de constater qu’un voyage qui devrait rimer avec vacances, détente, partage, découverte… rime aussi avec émissions de GES (et parfois bien d’autres maux). Mais nous n’avons malheureusement plus le choix, plus le temps de l’ignorer, c’est pourquoi il nous faut des alternatives. La priorité est à la réduction à la source de ces émissions : choisir un mode de transport propre (le train, le bateau, le covoiturage..),  choisir une destination plus proche (car le dépaysement ne se trouve pas qu’à 10 000 km), choisir de ne pas régler la clim’ sur 20°C quand on a décidé de partir au soleil ! La compensation est une alternative complémentaire mais surement pas une excuse pour ne rien faire. Si elle existe c’est qu’aujourd’hui avoir un impact nul sur le climat est parfois inaccessible.

3) Et vous ? Comment voyagez-vous responsable ?

Mes voyages le plus souvent c’est week-end, France, train, famille et amis (hébergement chez l’habitant). Pour les voyages plus longues distances (beaucoup plus rares) j’évite les 5 étoiles surconsommateurs (et hors budget), je me déplace à pieds ou en transports en commun et je compense. Mais il n’y a pas que les transports et l’énergie, et ce n’est pas toujours facile. Je dirais qu’une des bases est de ne pas emporter mes mauvaises habitudes occidentales partout où je vais. C’est accepter au Sénégal de me laver avec juste quelques litre d’eau par jour. Mais il s’agit aussi de ne pas oublier les bonnes : les déchets ça s’évite et ça se trie toute l’année !



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